Logo Nature Tropicale

Tél: +229 21 33 37 73
Mob: +229 95 40 94 14 
Mob: +229 96 10 08 37 Fax: +229 21 33 87 32
Email
ntongmu(at)yahoo(dot)com
 Skype id: nature.tropicale.ong

 

Notre actualité

Signature d’accord de partenariat pour la lutte contre la criminalité environnementale: le gouvernement du Bénin fait confiance à Nature Tropicale ONG

article thumbnail

Le gouvernement du Bénin à travers le Ministre du Cadre de Vie et de Développement Durable, a s [ ... ]


Criminalité environnementale

Criminalité faunique : Première opération de saisie d'ivoire à Cotonou «Appui à l’App [ ... ]


Nous soutenir

Enter Amount:

Aires Marines Protégées Communautaires

Qu'est qu'une aire communautaire ?

L'UICN a défini les Aires du Patrimoine Autochtone et Communautaire (APAC) comme étant composées « d' écosystèmes naturels et modifiés comprenant une biodiversité significative, une diversité géologique, des services écologiques et des valeurs culturelles conservées volontairement par les populations autochtones et les communautés locales, aussi bien sédentaires que mobiles, au travers de lois coutumières ou d'autres moyens efficaces ».

Cette définition fortement liée au mouvement de la reconnaissance des Droits des Peuples Autochtones trouve plus difficilement écho dans le contexte ouest africain.

Ainsi, il n'y a pas de modèle simple d'APAC dans la région, ce qui rend la classification difficile. De nombreux vocables sont utilisés pour désigner l'implication des populations locales dans la gestion des espaces naturels : aire communautaire, aire protégée communautaire, aire gérée par les communautés, ou aire conservée par les communautés.

 

Ces «aires conservées par des communautés», sont très diverses du point de vue de leurs institutions de gouvernance, de leurs objectifs de gestion, de leurs incidences écologiques et culturelles et autres caractéristiques. Néanmoins, elles se distinguent par l'implication des communautés locales qui y jouent un rôle plus ou moins prépondérant dans la gestion.

La définition d'une aire protégée communautaire en Afrique de l'Ouest pourrait prendre en considération des éléments relatifs, à la gestion, à la gouvernance et au statut ainsi qu'aux droits d'usage des populations.

Les aires communautaires en Afrique de l'Ouest 

La gouvernance par les communautés est encore peu connue ou reconnue par les gouvernements en Afrique de l'Ouest. La plupart des pays commence seulement à se doter de textes relatifs à la gouvernance par les communautés. Cette dynamique est avancée pour certains, alors qu'elle est à un stade embryonnaire pour d'autres. La gouvernance varie entre une gouvernance plus ou moins partagée avec d'autres acteurs importants (comme l'Etat) et une gouvernance strictement par les communautés elles-mêmes.

Ces espaces sont gérés sous une forme associative par des comités de gestion qui peuvent être composés de plusieurs acteurs : les habitants des différentes communautés villageoises, l'Etat et ses différents services centraux ou déconcentrés, les associations et ONG locales, nationales ou internationales, les collectivités locales, principalement les communes et peut avoir selon les cas autorité sur la gestion.

Généralement, les aires communautaires sont fragilisées par leur instabilité financière, le manque d'outils de gestion et de compétences humaines.

Elles regroupent un certain nombre d'acteurs qui ont des perceptions différentes de la gestion communautaire, des ressources naturelles et qui ont des intérêts différents. La cohésion de tous ces acteurs requiert une forte concertation.

En Afrique de l'Ouest, les «aires communautaires» sont créées par les communautés, les associations et ONG ou l'Etat. Les parcours de création ou de reconnaissance sont généralement longs pour l'acquisition d'un statut délivré par les autorités étatiques et aujourd'hui également par les autorités décentralisées.

Elles sont créées pour de multiples raisons : conservation de traditions ou sites sacrés, valorisation et gestion contrôlée de l'exploitation d'un espace naturel, contrôle de son terroir, préservation de sites ayant une valeur biologique particulière, généralement liée à l'existence d'une espèce, plus rarement à un écosystème entier, volonté d'accroître le nombre d'aires protégées d'un pays.

Aujourd'hui les Etats peuvent concevoir que des populations participent de façon directe à la conservation, par leur rôle au travers des aires communautaires. Non seulement on ne peut plus ignorer les besoins fondamentaux des personnes vivant sur ou à proximité de ces territoires voués à la conservation, mais la conservation doit également contribuer au développement économique en créant des richesses.

 

Les aires communautaires et la conservation

Les aires communautaires ont ainsi permis de conserver des parties de forêts, des biotopes particuliers, des plantes médicinales, et de préserver des espèces animales (singes et hippopotames au Ghana). Toutefois, il est difficile d'évaluer l'évolution de ces valeurs car les aires communautaires ne disposent pas ou peu d'indicateurs prévus à cet effet. Il est indéniable que les communautés locales détiennent des savoirs sur la biodiversité et sa conservation qui, s'ils sont mieux valorisés, peuvent contribuer grandement à la conservation des espaces naturels.

Si certains espaces gérés par des règles coutumières ont être préservés depuis les temps anciens, aujourd'hui, les espaces coutumiers et les autres types d'aires communautaires sont des espaces soumis à de multiples pressions et menaces. La pression humaine sur les ressources naturelles y est forte : utilisation des ressources à des fins de consommation, empiètement humain, pastoral, braconnage, feux de brousse, pâturage incontrôlé. En plus des menaces et pressions, la durabilité des aires communautaires est éprouvée par le manque de moyens financiers, le manque de compétences en gestion, et la fragilité des statuts juridiques.

 

Les aires communautaires et le développement

Les populations vivant dans et autour des aires communautaires sont essentiellement des populations rurales. De façon générale, celles-ci sont très vulnérables car elles dépendent presque exclusivement pour leur subsistance des ressources que fournissent les espaces naturels. Elles peuvent être caractérisées par des organisations sociales propres qui ne sont plus pas nécessairement adaptées à la gestion des espaces naturels tels qu'ils se présentent aujourd'hui et accordent encore, pour certains, beaucoup d'importance à la tradition et au sacré.

Parfois, l'établissement des espaces classés s'est fait au détriment des droits, des intérêts et des moyens d'existence de ces populations, ce qui a créé des situations de conflits dans certaines localités et eu des conséquences sociales qui sont encore lourdes de conséquences aujourd'hui, telles que la perte de terres.

Il est ainsi de plus en plus attendu des aires de conservation qu'elles contribuent au développement des communautés locales. Les principaux modes de valorisation sont la chasse et le tourisme.

Or les recettes liées à ces activités ne représentent pas un bénéfice très important au regard des moyens nécessaires à mettre en œuvre (frais de fonctionnement, indemnités pour les employés, aménagements…) et des attentes.

Généralement pour les aires communautaires qui bénéficient d'appuis extérieurs et de subventions, la création d'activité est importante, mais la création d'emplois rémunérés sur le long terme, engendrée par la chasse ou le tourisme est faible.

Les aires qui dégagent des bénéfices, les investissent dans le développement des infrastructures d'accès à la santé, à l'éducation ou à l'eau potable.

 

Quelques exemples d'aires communautaires en Afrique de l'Ouest

  • Zone Villageoise d'intérêt cynégétique de Boumoana au Burkina Faso

L'association Faune et Développement intervient dans une vingtaine de villages à l'Est du Burkina Faso avec l'objectif d'appuyer les communautés locales à la préservation et à la valorisation des ressources naturelles de leur terroir villageois. Depuis 2004, AFAUDEB accompagne la ZOVIC de Boumoana pour sa création, sa reconnaissance et son aménagement. La ZOVIC regroupe 9 villages et est gérée par un comité intervillageois de gestion de la faune. Elle tire des revenus de la petite chasse qui se pratique sur le terroir des villages. Ces revenus lui permettent de réaliser des infrastructures communautaires.

  • Wechiau Hippo Sanctuary au Ghana

Le sanctuaire d'hippopotames de Wechiau, au Nord Ouest du Ghana est officialisé en 1999. Dans cette localité, les hippopotames ont acquis un caractère sacré depuis que, dans les temps anciens, ils ont sauvé les populations de la localité des invasions ennemies. Depuis lors il est interdit de les tuer ou de leur nuire. Le site est sous l'autorité des chefs traditionnels et d'un Management Board, qui refuse jusqu'à présent que l'Etat participe à sa gestion. L'écotourisme y a été développé et permet d'apporter des revenus pour les villages de la localité.

  • Aire Marine Protégée Communautaire des Iles Urok, FIBA, Guinée Bissau

L'ONG Tiniguena pour une gestion communautaire des îles de Formosa, Nago et Chediã, ou îles Urok, faisant partie de la Réserve de Biosphère de l'Archipel Bolama Bijagos. Le travail de concertation a commencé en 1996, pour aboutir en 2005 à la création officielle de l'aire communautaire. L'ensemble du travail privilégie la responsabilisation des communautés locales, l'implication des jeunes et des femmes et une validation systématique de la chefferie locale, afin de contribuer à renforcer le crédit des autorités traditionnelles.


Réserves marines

Greenpeace demande la création d'un réseau mondial de réserves marines, qui couvriraient 40% de nos océans. L'objectif est de préserver les écosystèmes marins.

Qu'est-ce que c'est ?

Les réserves marines sont l'équivalent en mer des parcs nationaux. Il s'agit de protéger tout un écosystème de l'exploitation humaine.

En mer, cela signifie interdire la pêche, l'exploitation minière et l'élimination des déchets. Aucune extraction, aucune dégradation n'est possible. C'est le plus haut degré existant de protection des mers et des océans. Toutes les autres formes d'«aires marines protégées» sont moins performantes.

Mais pour être efficaces, ces réserves doivent être conçues en partenariat avec les pêcheurs.

 

Pourquoi ?

Les océans sont des écosystèmes fragiles. Leur avenir est gravement compromis par les activités humaines, en particulier la pêche. On croit trop souvent que les ressources de la mer sont illimitées, peut-être parce qu'elles sont moins visibles que celles sur terre. Mais elles sont malheureusement menacées d'épuisement et l'encadrement de la pêche ne suffira pas. Il faut aller plus loin, avec la création de réserves marines.

L'idée n'est pas nouvelle. Elle a déjà été évoquée lors des Sommets de la Terre, à Rio en 1992 et à Johannesburg en 2002. Les engagements internationaux et régionaux qui préconisent la mise en place de réserves marines sont nombreux. Mais la volonté de passer à l'action fait défaut.

En France, sur terre, 10% de la superficie est protégée dans le cadre de parcs nationaux. En mer, à peine 1% est protégé !

 

Où ?

Greenpeace a établi une carte mondiale des réserves marines à créer. Elles couvriraient 40% de nos océans. Ce chiffre n'a rien de fantaisiste. Les scientifiques estiment que 20 à 50% de nos océans devraient être déclarés « réserves marines ».

Ces réserves formeraient un réseau cohérent de grandes étendues en haute mer et de plus petites superficies le long des côtes. Les sites à privilégier seraient les zones de reproduction des poissons, les habitats vulnérables (récifs coralliens, monts sous-marins) et les zones abritant des espèces rares et/ ou surexploitées.

Concernant la France, elle s'est engagée à créer 10% de réserves marines dans ses eaux territoriales, notamment en Méditerranée et dans le Pacifique, à l'horizon 2020. Cette décision avait été annoncée à la suite des négociations du Grenelle de la Mer en 2009.

Quels effets ?

Des exemples concluants de réserves marines existent déjà en Nouvelle-Zélande, aux Açores, en Corse. Quelle que soit la superficie de ces réserves, leurs effets sont prouvés après quelques années d'existence.


Le premier est bien sûr le repeuplement. Protégés de tout prélèvement, les poissons se reproduisent tranquillement, leur taille augmente. Les écosystèmes sont restaurés, leurs capacités de résistance renforcées.

Une réserve participe aussi à la reconstitution des zones environnantes et augmente le rendement des pêcheries adjacentes (soit parce que les poissons sortent de leur zone, soit parce que les œufs et larves migrent vers les zones de pêche).
Les pêcheurs sont ainsi les principaux bénéficiaires de la création de réserves marines.

Surpêche & pêche pirate

Aujourd'hui, 80% des stocks de poissons sont pleinement exploités, surexploités ou en déclin. Pour le thon, le cabillaud, l'espadon et le requin, le chiffre s'élève même à 90%. Dans tous les cas, il y a trop de bateaux et plus assez de poissons. Au rythme actuel, les océans pourraient être vides de poissons dès 2048.

Les responsables de ce massacre sont connus. Seul manque la volonté d'agir contre eux : la surpêche et la pêche pirate.

La surpêche

C'est pêcher trop au vu des réserves de poissons. C'est mettre en danger les capacités de reproduction des poissons. L'exemple le plus célèbre est celui du thon rouge de Méditerranée, au bord de la disparition. Le cabillaud de Terre-Neuve en est un autre: depuis 1992, les stocks ont disparu !

Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, la surpêche est une activité tout à fait légale. Elle est autorisée, en toute inconscience, par les organismes internationaux de gestion de la pêche.

Elle fait le bonheur de la pêche industrielle et de ses moyens surdimensionnés qui épuisent les fonds marins. Hier, dans les eaux du Nord, aujourd'hui dans celles du Sud. La surpêche menace ainsi les pêcheries artisanales des pays en développement. Elle prive ces pays de précieuses ressources en nourriture et en devises. C'est particulièrement vrai en Afrique de l'Ouest (en Mauritanie, au Sénégal).

1% de la pêche industrielle réalise 50% des prises. Ici, comme souvent, les questions d'environnement rejoignent celles de développement économique et de sécurité alimentaire.

La pêche «pirate»

C'est tout simplement du vol. C'est pêcher sans en avoir le droit : en utilisant des techniques de pêche interdites (comme les filets dérivants), en pêchant des espèces protégées, dans des zones non autorisées ou hors des périodes légales. C'est aussi dépasser les quotas autorisés ou pêcher sans licence.

C'est à ce point répandu à travers le monde qu'un poisson sur quatre est pêché de façon illégale !
Bien sûr, la pêche «pirate» participe ainsi à la surpêche. La différence c'est qu'elle est interdite, alors que la surpêche est cautionnée par les gouvernements et les institutions internationales.

Que faire ?

La surpêche et la pêche «pirate» n'ont pas d'avenir. Elles détruisent ce dont elles vivent.
Il faut donc :

  1. oétablir un réseau de réserves marines qui couvriraient 40% de nos océans
  2. o promouvoir la pêche durable dans les 60% restants
  3. o lutter efficacement contre la pêche illégale (notamment en multipliant les contrôles)
  4. o repenser notre consommation de poissons.

Par leurs politiques de subventions, par leurs choix aux niveaux national ou international (notamment dans le cadre européen de la Politique Commune des Pêches), les gouvernements ont les moyens d'agir. Ils le doivent.

La surpêche et la pêche «pirate» mettent en danger l'avenir de nos mers et de nos pêcheurs.

Filtrer par titres     Affichage # 
# Titre de l'article Auteur Clics
1 Aires Marines Protégées Communautaires webmaster 1672
 
 
Joomla 1.5 Templates by Joomlashack