Sauvegarde du lamantin d'Afrique

Présentation


Le lamantin d’Afrique (Trichechus senegalensis) est un mammifère aquatique connu depuis le Nord du Sénégal jusqu’au Sud de l’Angola (Bouveignes, 1952). Il est alors présent au Bénin.

Contrairement à celle de Floride, des Indes ou de l’Amazonie, cette espèce, n’a bénéficié que très peu d’attention en matière de recherches scientifiques ou de conservation. Alors comme partout ailleurs, le lamantin d’Afrique est particulièrement menacé et se trouve en constante régression dans toute son aire de répartition. Classé aujourd’hui sur la liste rouge des animaux menacés (statut «Vulnérable») par l’UICN, le lamantin d’Afrique est une espèce menacée en voie de disparition.

Le lamantin, encore appelé «Gninhouin-Gninhouin» en langue Mahi et Fon, «Gningbin-Gningbin» ou «Tolo» en Wémè, «Toyou» en Toffin et «Egnon» ou « Tognin » en Mina et Pedah, est bel et bien connu dans les Complexes Est et Ouest des Zones Humides du Sud-Bénin, sites Ramsar n°1017 et 1018.

Le Lamantin d’Afrique est le plus grand des mammifères exclusivement aquatiques encore présentes dans les eaux continentales Africaines. Il peut atteindre à l’âge adulte plus de 2 mètres de longueur pour un poids variant entre 250 et 450 kg voire 650 kg. Il a un corps cylindrique, avec une petite tête sans oreilles externes ni défenses. Le cou est court : il n’a que six vertèbres contre sept pour la plupart des autres mammifères. Les membres antérieurs sont transformés en palettes natatoires et la queue est aplatie horizontalement. La peau, grise, est épaisse et nue hormis les vibrisses au bord des lèvres. Tout dessèchement provoque des gerçures. Les dents sont remplacées d’arrière en avant comme chez les éléphants. Les femelles portent une paire de mamelles pectorales et volumineuses, à l’origine de légendes les présentant comme des femmes transformées en animaux ou des «sirènes». 

Le Lamantin vit dans les estuaires, les fleuves et les lacs et le long des côtes marines, dont la température est comprise entre 25° et 35° C. On ne le retrouve jamais en pleine mer. Purement aquatique, herbivore non ruminant, le Lamantin d’Afrique ne consomme que des plantes aquatiques ou des végétaux terrestres pendant dans l’eau qu’ils saisissent de leurs nageoires. Il ne peut se déplacer hors de l’eau.  Les espèces végétales qui entrent dans son alimentation et qui recensées sont entre autres : Nymphea lotus, Echhornia crassipes, Pistia stratoïtes, Paspalum distchicum, Panicum sp., Ipomoea aquatica, Echnochloa pyramidalis, les racines de Cyperus papyrus et de Typha australis.


Répartition / Présence au Bénin

On le trouve dans des lagunes côtières telles que Nokoué et les parties basses des fleuves, dont l’Ouémé et le Mono. On le trouve également en amont des fleuves et notamment dans l’Ouémé ; également dans le fleuve Niger et ses affluents au Bénin septentrional, tels le Mékrou et l’Alibori, notamment dans le parc W.


Situation des populations de lamantin au Bénin

Probablement les plus nombreux dans le fleuve Ouémé et dans des lagunes côtières. On estime à 125 les animaux dans le pays dans les années 1990. Chassés spécialement pour la viande et pour diverses parties de leur corps, ils sont utilisés notamment dans la médecine traditionnelle.


Déplacements internationaux

Les lamantins migrent en amont et en aval des fleuves, se déplaçant apparemment en aval après les pluies qui rendent les lagunes moins salées. Se déplacent entre le Bénin et le Togo dans le fleuve Mono et aussi entre le sud du Bénin et le Nigeria à Porto Novo. Dans le Nord, ils se déplacent entre le Bénin et le Niger par le fleuve Niger et de là au Nigeria.

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